dimanche 23 avril 2017

Brève Rencontre Pour Un Salut

Encounter of the curt type



...
__ I'm Groot.

__ De même, pareillement enchanté, je suis Louis Aragon, mais appelez-moi Louis je vous prie, mon père était Hidalgo à la Cour de France, mien parrain chef de Police de sa dyslexie Gutenberg, ma soeur était ma mère que l'on faisait passer, dans un mouchoir de poche entre la porte de cervix d'une chamelle muette dans le chas du champ d'expiation et le couloir d'extraction des fumerolles sporées de la fongible espérance conjugale, le soir, comme un exercice de pair-paradis des amours éléphantines, pour ma sœur devant le miroir à jupe de ma mère, puissé-je vous l'avoir déjà dit, bonjour mon ami, mon nombre est d'Aragon, ainsi que l'on s'attelait à ranimer le Royaume d'Hispanie du temps jadis, je suis un Andrieux du troisième daguerréotype, un Kree involontairement atypique ou singulier si vous préférez, cause principale d'indépénétrables mystères racinaires, jack-in-the-box aux ressorts cruraux cadenassés, invisible Boxer d'une Chine célibataire dépecée vivante de son droit de cullage, infans têtu jusqu'aux frontières du gros-âge, un marseillais dessoudé par le savon des courbes caustiques de l'espace bidimensionnel des relations amygdales cérébrales, glissant dans la starvation de leurs orges descendants, le ventre omnipare duquel je sortis criait голод, un véritable Holodomor des petits riens des liens du sang, avec tout leur cortège de cant, de quant-à-soi, de décans d'un zodiac prohibé, de serpentaires d'une savane aux bosquets escamotés dans les coursives de jardins inhibés, moi c'est Aragon mais appelez-moi Don Luìs, Lewis from Eragon, dragon majeur de la Malaisie, que vous êtes solide en votre silence, que vous me flambez glottes de robots, vous êtes le Félix fétiche des sautes de ces noix, bonjour, auriez-vous faim ? mon Dieu je pourrais avaler une orée primaire de Pologne, une forêt de Hongrie, déchiqueter mes souvenirs de parcs publics dans les villes de Tchéquie, Ich habe solchen Hunger, gerade Gerund habe Ich, saying, writing, I'm always after the rituals, my name dropping came dripping at long fast, looking for the victuals of the mind, sirupeux ou non, prendrez-vous quelque chose, canapé arrosé d'un chablis de la forcerie des Cent-serres, morceau de koulibiak à la sève de Sauron ? moi c'est La Colère, l'ouïe non froide et peu parcellaire, bombée du muage biographique des terres sourdes et grasses de l'auto-Magellan flagellé, d'un autre âge dans les outrages je me suis toujours aimé millénaire, feuillu séquoïa de la sylve polymère, saphènes du soulèvement perpétuel en mesure de siphonner toutes les escarcelles pendues aux fils de fer reliés à la terre, saviez-vous que l'el arbol Goya poussa par ici un jour me demander les ficelles de la recette de la rouille végétale qui ronge les diagrammes aux mensonges frais des fûts évidés ? en tant que directeur de journaux, combien d'arbres dus-je me résoudre à fusiller pour concevoir pâte idoine à leurs supports, vigoureux shalom à vous, ani Levi Haharon, l'impensé de l'arrière qui se cache à la face du dernier homme solaire, je vois qu'une mousse divine s'opercule sur les nerfs de vos muscles à vif, voudriez-vous de la crème Nivéa, baume du dragonnier mandragore de Ténérife, lotion que je produis naturellement et qu'appliquerai à votre signal sur cette apparente boursouflure de croix mineure, peut-être restes de crux of the Vater, vous aussi ? petite Mutti d'une musique de suies éloignées, je peux sentir les vibrations de votre esprit bouillir, que vous vinssiez, par cette minute pressante, me régler mon compte du temps que je fus cet humain que vous n'avez pas connu, (vous eûtes pu me baptiser François alors) je le flairai et le subodore peut-être passablement encore, vous semblez l'avoir deviné, je ne détestais pas que mourussent dans la foulée les viles joies d'hier à mon visage, comme mille villageois défunts déjà qui glanent quelque moignon de gloire dans les branchettes d'arbrisseaux tranchés à l'aveugle dans les nuages de poussière de la dégustation de mon combat, et l'absence de remous à mon sillage, aux traits révulsés, sagement sectionné, j'étais homme de l'infini courage, qui ne tiqua presque pas lorsque le moi du surmai sessile sans toits ni tuiles grava à l'opinel 68 graffitis obscènes à même son bois, et qui attend aujourd'hui comme quiet frêne la possible furie d'un autre Mai 18, que nous, mes bouleaux amis émus et moi, salâmes à l'écume de buis, savez-vous nager dans l'herbe de Retz, voulez-vous que je vous serve un petit retardant, désirez-vous que nous allions Holi nous promener sous la poudre orange des Canadair, boire un verre à la neige de bière de noisetier dans un Bar à glands barrésien, irons-nous prendre racine au fin fond des steppes de l'antique piscine ?, vous devez être un grand poète, les ultrasons hôtes de vos oreillards et autres arias de vos passereaux sonnent vrai, Semper Fidelis à mes anciennes hélices, j'entends chanter les iambiques à tue-tête lorsque j'effleure votre écorce avec les bras de mon tronc, les doigts de mes branchillons, les alvéoles aux ovaires monostyles de mon liber, c'est autre chose que le perdurable goût ténu des faibles sels sidéraux que mes tubes intimes sucent, depuis des lustres dans de frustres zones pseudo-lacustres, aux crochets des lourds cadavres de Borélien et Aure-Elise, filaments fades, ramen d'une difficile soupe d'hypnose minérale, animaux de romans à décomposition lente que les municipes gardiens de l'agreste rambolitaine galaxie présumèrent artistement topiques d'enfouir sous les cordons de la bourse de mes radicules, la station de mes stolons, comme vous avez l'enveloppe douce, cher ami, vous charmez à l'égal de la truffe vétilleuse du groin scrupuleux d'un sanglier se régalant d'une pâtée de moelle de vipère qu'il sauce à toute vapeur entre ses grès et défenses, canines entrelardées des vieilles mousses apéritives que j'accrochais jadis à mon tronc, je fus goutte de pluie dans l'air, de ma vie une larme à l'oriel, observant ceux qui déchiraient les chiffons de son ciel, ceux qui jamais n'y auraient posé doigt de la pâte, comme vous bandez bien vos chairs aériennes, vous devez être un grand poète, adepte du levain spumeux de la verte note des quintettes à vent, j'entends chanter les pentamètres derrière les allées et les ravines des orchestres de charmilles que mènent les fibres de vos biceps fléchis lorsque j'effleure les pores de votre écorce avec les bras de mon tronc, les doigts de mes brandons, les alvéoles aux ovaires monostyles de mon liber, duvet contre duvet, choquant dans les houppiers le jeu de nos respectives amulettes, cela me change des pipettes de l'ingénieur Philippe des os déforés au saignoir si prompt à faire saillir l'hévéas de cent canaux à mon nom, le sien était Elsa, celui de la vôtre Nebula s'il faut s'avancer bien ?  la mienne aurait dépouillé la vôtre d'un seul poignard volant fusé de ses yeux de couguar, je n'aimai jamais en fait que sa gentillesse à celle-là, monsieur le Très-Haut-Poucet, ai-je pris soin de vous rappeler que je connaissais par coeur toute la poésie eddique de la Nièvre, la védique des Aryas de l'Iran félin et l'épique de la Rus' de Bièvre à Kiev ? tel un Christ de lianes aux égards, comme vous avez l'épicarpe doucet, cher ami, comment vous appelez-vous déjà, Groot, est-ce tout bien considéré cela ? 
... 
__ I'm Groot.



How formidably exhausting this French tree can be

mercredi 5 avril 2017

La France se rencontre pour s'épier dans le nô




La chair, le gras, le vair, le glas, l'agraire, Galatéia, le délicat frugal éclat, l'aire urbaine, le bain debout, Minuit sonne, Campagne Première, Dodger Deadeningtone I predoom ? Deux régimes flumineux, la France Onna, parturiante heureuse, grands soirs picturaux du pâle toril le sinistre appât France haineuse hurlante, intimiste France, galle du linge d'Acis qu'on lave avant qu'il ne frémisse, du Horla la France, eau, rose et lait des esches, onaniste selon les suites fibonacciennes de Lawrence D.H, de la France de Rocroi à celle des eaux lourdes qui ornent plaines, la France d'Ornans aux Aurélien d'invariance, frères et sœurs de glaire cervicale, Bérénice visage pané dans les marbrures du gypse doigts gelés sur le panier où gît l'aspic, souliers de latin, patins de Newspeak au parfait élastique spick-and-span animal, matrice des écobuages hors-zoom, du lanternement des aigles et des abeilles, des nymphes et faunes, épiphanies qui corroient les aulnes, celle qui croyait au duel, celle qui ne jurait que par Cartels, ne savait pas, jusqu'à l'intérieur de la paroi des ondes, la France des deux sondes, légiste Inspectrice Cadavre des morts en souches, qui ronge, Insensatez noble caverneuse francité, jeux d'eaux vives, l'outrance a coupé les bondes, le Grand Midi d'ici ne repassera pas par le monde, le manque de véracité sur les hors d'oeuvres et les rôts de Bébé Ponge, Lost Sports Cars of Georges Sim que Carlos abîme de ses souvenirs, Ode to Marie-Jo, telle fut hachée la brèche, par débit du fleuve Amour, voir l'Arsenal et nourrir les vairons à l'âme de silures, de la di-vague, de la cale sèche, La France grosse de raison, la France du Grand Dégondé, la France portes offertes, à la panse enflée d'un lourd silence, hors-sol au socle bidon permettant l'élévation inerte, le saut au ciel des psychopompes équidés, Tenthrèdes des domestiques domaties, France sicilienne, anti-palermitaine qui, pour solde de tout change ne touche à rien de l'argent des anges, princière Salinale, subliminale liminaire, sujette au mal d'humer les malles du vent ventre ouvert aux pales des moulins, aux mailles cilices de Job, à tuniques de mille non-Martin en peau de robe, en eau de rentes, La France à l'hypocauste inouï, de la toile du non-ouï, la France du Sans-Souci au tepidarium assourdi par les ghats de la petite cange, des descendants carnassiers à l'échelle desquels n'appareille nulle panthère, des tigres fêlés dont la symétrie ne se couche plus à l'ombre de ses angles, ne se douche plus dans les vendanges mais pouches the encryption dans la fange, séminale indivise et docte partageuse, maigre et grasse, aux liens de vaillance, odieux hémisphères d'un unique Parnasse, des tuyaux et des boyaux, des chuchoteries dans les caves du Royaume de la Grande Gueulerie, entre brûlure et torpeur, la France moujik accrochée au borinage de ses narines, la France aux beaux rivages des nouveaux barines jadis pourtant martyrs ou simples suppliciés, la France de l'Onsen jamais, la France au temps pour toi toujours au courant, la France aux Loire et Seine qui remontent les mourants, la France des prototypes de Sem et d'Eve qui démentent la possibilité d'arcs-boutants autour de la cathédrale de la femme engloutie, nouvelle volition, la France de mémoire, calibrée dans les dortoirs, ateliers du sommeil national de la doctrine Caliban, des monstres au tric-trac bon-enfant, la France faille Egée de la caverne de l'église, fille des résurgences bénites par les assauts de la crise, qui revoud se dévouer en analyses, cure et crame les outils, la France des jets d'or de Versailles, corsaires des bassins, cent Socrate aux mille mires, la France des jus d'os du parc Niavaran à تهران, sanglante France, flux de la France Niagara aux esprits déchus, la Françàl'âme de paille, du Wu-Wei, du non-hégire, hululée en effigie, prosaïque fasciée des plumes du décharnel amer, réticulée sur sa Longue Bordurie, calée entre les coussins gestionnaires de ses énormes empilades, du Rich Dad ou du Poor Dad, leurs enfants qui bossent à l'étranger, la France provinciale honteuse de Kay Dorsay qui pourtant pourrait s'assumer telle en toute bonne foi, des hères, de société, des réseaux d'après-corps du roi, des traces du sinueux effrité, la France de gestation des Justes, de la justesse plus que de Justice, au forceps de la droiture, la France drapée dans le Cras, des choses remises en bonnes mains à fond de mines ou sous les deux cents toits du Mas, de l'abandon des affaires de Satan, aux épaules cœurs de marges du manteau des aortiques saisons, la France factrice de phrases, celle économe en mots, celle du Char de l'état, du grès, du raz, bouts perdus de la Chine du cheval Mou brumaux, du chtar dans le pare-brise, la France de Praz, la France de la fonte des neiges libérales, aux anciens aqueducs, celle de Buzzati, de Lord Acton enfoncée dans les sables du Verdun marquis, charmantes marquises, façades de Sade, intérieurs sosies, des Corps-nuds-sans-testes voguant dans la perspiration des glaciers au fleuve Samara, des crapauducs ekphrasis passant sous la route noire des Mandiargues écrabouillés, mi-digue mi-vanne de la déraison, flamme férale du foyer rustique, la France au sourire cadastral qui noie les saints et les sages dans les sillons de sa nage mystique, dans le Sieg dans le Sag, sourde, sarde, remettez-lui les Vingt Regards de Messiaen, fou rire pour le port de Gdansk, le mort altier malade de la danse, Hamlet en compagnie d'une parde lui mène le Dansk, yeux crevés dans les hymens faillis, fendant puis fardant la nuit des Hauts Draps, à bras, mains, plumes, eider qui cherra, la France du double drame en eau peu profonde, du sans-sel, sur la langue phare, fade son butin, prise de prêt, trésor à crier gare, de l'inConnétable sœur Anne, Frankreich de Cioran, la France de l'impluvium du droit roumain, aux cent millions d'écrivains de génie à genoux dans les crevaces, la France écrevisse de la non rédemption de la carapace et du poids humain, comme un cabri branchies et nageoires glissant sur la Rance, marémotrice édénique, la France saumon des Atlantes, et la France dérivée vers Miquelon, la France potomane de ses propres fluides origines, glycémique regain de la France

vendredi 31 mars 2017

Thirst Never Leaps From The Atoms Of Rust

Ha' Baït cette nuit



Hiérosolyme telle qu'en elle-même l'ailleurs du mot de la ville
d'Atlantide qui s'est avachie au fond de l'âme de la mer.
Du col jusqu'en bas englouti placenta tout vaqua. Les Eaux de la
Jérusalem que sel démâta pas de l'échelle vissée jusqu'aux abysses
mines des Anathemata. Depuis le fond les amines des carcasses
saïtes parapets rongés se ravivent remontent les gravats de cultes
aux vieilles dots, investies puis religes, les éliment comme convoi de
navires naxiotes dolce naufragar de yachts aux abois dont nul pavois
n'avoua la prophétie,
marouflés de rouille érodés. N'ose rouille éludée, c'est réhaut de
sève rouge dont lame jamais ne sécha.
Amphores de verres à dîme recouvertes et rassasiées d'algues,
laminaires et corallins mous monuments du temps démence à
l'échelle de la manne du temps,
caillebotte de pièces de monnaie mimes du roulis des jours enfouis
dans la charpente des chais jusqu'aux abouts, avers reversés au
passé que négociants essorèrent.
Avalise aussi dans son bagage cernes et anneaux de souvenirs agiles
zélés comme jeunes rires d'odes sans épodes
souvenir d'amour aux senteurs d'irone éminents iris de la nuit
première ibidem illico, souvenirs hors la couffe à nouveau
manifestes
et vifs inépuisés comme drague de jolis poissons qui s'alimentent au
bréchet des rets, et se dandinent en tous sens s'agitent.
Venez, or de la boue, réintroduisons-les dans cette Yéroushalaïm interne. (Yehuda Amichaï - patua'ch sagur patua'ch, 1998 - Traduction : Hübert Perseault, il y un peu plus d'une dizaine d'années.)

For my mother Monika

Lips never rust
Ide wise shut
Freshwater fish don't make any crust
Smiles whet what their holy kisses jut

Devarim
N'être pas en mesure de compagnonner la route des démons de la critique professionnelle, pas plus que de commuter sur l'autoroute de la commentation automate aux robots péagers entretenus par de moins modestes amateurs, toujours réunis en conclaves aux carrefours des entrailles et côlons terminaux des grands blogs incrémentiels de la pensée, c'est aussi se placer nu devant le paysage des poissons d'Amichaï.
La friture guette l'évier plein sur la ligne de glose, la flottaison n'est plus assurée, les pédagogues debout sur le Zodiac de la promesse de prophétie commencent à brûler partie du caoutchouc des boudins, châssis de leur substance, et déjà la transforment, avec les gestes tremblants de l'improvisade chère aux alchimistes spécialisés dans la trituration de l'humain matériau, en moelle d'eau noire.
Fixer Stanley, I presume ? Ne pas suivre Fish ni les formalistes, repenser à la vieille herméneutique qu'enseignaient les maîtres disparus, peut-être noyés en paix, derrière le portail de la mer.
Laisser frétiller la communauté idéale des gens de lettres.
L'interprétation, la référence, l'intention, toutes illusions affectives bues, tout ce qui reste, calme, électriquement désagité, flottant sur le dos dans son bocal, peut-être toute leur vie autoriseront à sortir les petits Jonas traducteurs -- machines emphatiques dont ils possèdent les plans secrets, frais comme des gardons, revêtus d'un costume bleu farine plutôt qu'anthracite, chemisés d'un filage égyptien, chèche du désert dégradé en lavallière, col au nœud Lanvin ou mieux encore sans, cravateurs, éreinteurs de la cravache des paroles de la mer, munis d'un cartable ciré --, par une molaire dérobée, au fond du buffet près la joue cartonnée de l'énorme léviathan, Big Fish des grandes expectorations propres sur elles comme le sou d'un crachat neuf, tellement énorme qu'on ne voit plus la baleine brume dans la précision chirurgicale des instruments de son indécomposable vapeur même.
Puis iront s'inscrire au prochain Môle pour s'employer comme réducteurs de textes dans les brisants, armés de la digue de leur seul clavier, pourvus d'un moignon de queue, appendice fantôme de l'ancien squelette, dotés d'un cœur romanesque et d'une tête intelligente.
Les traductions des poèmes de Yehuda Amichaï par Michel Eckhard-Elial sont bien, l'honnête laboureur forge, intègre et rend tout de l'auteur, ne se substitue pas à lui comme certains autres Jonas seraient tentés de le faire.
Mais quelquefois,
Il vente trop dur, il ne saurait mettre son rets bas.
Même Victor Hugo semblait avoir la notion du tempo du travailleur de l'Omer, Amichaï, le rassembleur de paroles.
Lorsqu'on lit ses poèmes en hébreu la douceur de l'entraînement -- douceur changeante, dans les montées d'émulsion de la fleur d'amertume, le fouet du sable passé par le fil des élymes vous drosse au large paradoxal de la surinterprétation -- des voyelles, fracas du sel affleuré, haute chair scintillante sous la fine enveloppe de consonnes qui sifflent et chuintent, se voyant bœufs dans l'œuf noir de leur retour à l'alevin, vous imprègne des timbres coulis de sa voix. L'A nô du silence battoir du B, vav, l'U verre cristallisoir des corps dissous du T, Têt perpétuel du rincement acméïste, à des milles marins de l'onomasiologie des magisters à la molle férule, verbaux voyeurs de lucarnes à fentes de Méduse.
Il faut désoccuper le son du fardeau des gerbes de tatouages aux profondes marques sémantiques, oisifs slogans tapis comme une ancre sympathique dans l'épiderme de l'écrit.
Je ne dis rien de la relation de Yehuda Amichaï avec la terre d'Israël, sa géologie personnelle, les lecteurs de blogs, la communauté du grand Eretz de papier en général, en connaîtront de toute façon déjà la géographie mentale mieux que moi, ni n'en fais trop sur l'amour de la sonorité chez lui. Que cela ne prévienne personne d'observer certains branchements naturels, sophistiqués ou sauvages, sur les rêves halieutiques de poètes comme Basil Bunting et David Jones.
Bunting pour son combat presque érotique avec la friction du mot avec le mot sans manquer jamais au sens, Jones pour la fantastique industrie de sa connaissance intime de la langue, de l'histoire, d'un pays.
Dans les bielles du broyeur aujourd'hui, l'Israélien de l'après-1948 d'Amichaï est-il si loin du private Ball Gallois des Grandes Parenthèses jonesiennes, dans l'intervalle du monde et du lieu ?
Nous aussi, grâce à lui, pouvons combler la distance qui coupe des pirates de Phénicie, retrouver intacte la petite note de terre de cuivre étouffée entre les cymbales de l'antique pouvoir égyptien et celles de la légendaire puissance assyrienne, voir les souvenirs non forcés retracer dans leurs vaisseaux le parcours du sang noir dessiccateur, redécouvrir l'entrée des estrans de servitude où paissent des esprits d'escaliers enfermés à ciel ouvert dans les enzymes des éternelles dérives de la lecture retranscrite.
Jeux de mots ? C'est une certitude, tout le poème se meut à la surface de chaque facette des consonances du verbe "chika", 'disparaître', 's'enfoncer', telle que se noie la Jérusalem-Atlantide, pour migrer à touches fines, narquois délibérément fléché, vers le trans'hyalien "ha'chequef", 'l'aspect', la 'vue', 'l'observation'. Le verbe Aller à la troisième personne du pluriel cite le Bohu originel aux vitres fumées.
Un dialogue authentique sur le visible et son voilement, leurs divers déversements, le renversement du drap du jour sur le sol.
Comme la phrase Avar over lasocher de la troisième partie du texte renvoie le reflet du psaume, ondes repliées dans l'amphore, au contenu fameux, le kesef over lasoher que charbonnent 14 siècles d'exégèse, moment clé où Abraham paie les 400 shekels, un temps où s'inquiéter de la pureté et finesse de l'argent était d'une importance vitale, comme l'est celle de l'épaisseur des mots, dont la fiducie peut quelquefois prêter à caution, de nos jours peut-être tout aussi sûrement.
Il y a douze ans, premier achat d'une mille, cylindrée vaguement magique, seuil d'une épreuve pour le pékin amoureux des montures de fer et de feu, MZ 's', twin vertical scandaleusement allemand non refroidi par air, type de l'architecture moteur pratique et simple, face à la route, Racer de moins de 10.000 €uros (avant travail sur la carte d'injection mère, et bec de canard de tête de fourche ôté), ein lebender Traum.
Absolument pas adepte du cuir, je m'étais promis de faire graver au blanc de lait d'agneau le milieu du titre d'Amichaï, Sagur, carrés paléo-hébraïques, sur mon blouson de tissu dense, graver c'est à dire coudre, la clarté de l'encre forte dressait les acides de mon esprit, dans ma tête le mot faisait plaisant écho à la marque Ségura, maison de cuir oubliée que les motardeux de l'époque connaissaient bien. Je le fis moi-même avec l'agilité de gros doigts boudinés par l'oisiveté manuelle, aiguille à vif sur la poitrine, une invitation à l'Ouverture du coeur, tohu-bohu d'un Montségur des quatre vents de l'aventure (je ne savais pas encore que j'allais desserrer son berlingue, virer la cuti de la moto, en partant une nuit de Paris jusqu'à Ségura ce village de l'Ariège pour son seul nom, la lustrer dans les baptêmes des segments du Crieu, affluent sécure du piémont des Pyrénées, méridion de mars d'un pays d'abondance, sucres élans du fluide reminiscent, liquide eldorado de remembrance dans les os de la jeunesse et de la musique), miss'chaq levavot, un défi conscient face aux potences de l'accident, un aiguillon de coudrier lancé, ainsi qu'osaient le hausser les Sioux Oglalas afin qu'il touchât l'épaule de l'ennemi, prélude au corps-à-corps avec le mal, en direction du regard noirs des viscéraux anti-israéliens de gauche et d'extrême gauche, qui forment le rituel creuset de la même moderne chose cachée, le jugement de Jacques Julliard étant sous cet aspect sans appel (les fachosphériques n'existaient qu'à l'état d'anecdotes centripètes ou de miettes centrifuges dans les cercles humains de la région et des villes que je fréquentais ou longeais), habitant les lycées, fourrant les universités.
Je laissais l'aigle kazakh de Mandello nidifier ses tranquilles parts de ciel dans les parturitions des mèches de son soleil à mon dos.






lundi 27 mars 2017

Mon Seul Bleuir



To Ematchka 
À la Licorne, Dame Unicorn flashing fair in the perspective cavalière of the night what immobile engine or ivoried watch hands of an unknow gynaeceum's frame could fathom thy fruitful bone and skin scintigraphy, far, far away from the sterile pseudo-representations of the typical monocorné, single-horned, beau today ?

Ballets à cheval des contours complets de l'amour circulaire.
Contrabasso dans l'éros inconnu
Symphonie des ondes équines émanées des Thérémines nus
Tu chasses les images spectrales des fausses licornes aux valves marginaires
De nos cœurs
Dont le libre-arbitre, qui tressaille, n'a pas d'odeur
Il faut manger le lion dis-tu, de nos savanes intérieures le codétenu,
Pour faire un Homme selon la Gnose de Thomas, détenteur d'une Licorne estelaire,
Depuis l'entrée des grottes pariétales, par l'étui vestibulaire,
Jusqu'à nos Barren des coraux fossiles sacrés, terrain de crinoïdes, d'oursins et d'ammonites, par les villages Corofin, l'infini d'un paradis dont nous ne sommes jamais sortis, inclus le prince Potemkine, ni n'avons lu tous les confins, pesé les contenus

Ce n'est pas à la Terre du vieux John M. Synge que l'on apprit à faire de la biomasse. Communion d'essence. C'est ce que tu me fis saisir, tu montrais que les plus sévèrement sensibles des écrivains, les plus hardiment insensibles d'entre-eux, avaient souvent une panthère, mystère des mystères, qui croisait, battait le pavé des seigles bannis, aux bords extrêmes de leur page, aux franges des déserts de leur papier, aux frontières inexplorées de leurs rochers, minéraux imprimés regorgeant de puits, d'où sourdent des suies dont ils encrent leur feuillet, avec cette légendaire poignée de sourires carnaires, comme le masque d'une tension d'arc mongol à leur visage, étrangement qui accepte de faire office d'armure et de bouclier, empêchant, penchés sur les sables de vieille fusion d'une arène devenue leur table de travail, qu'ils s'auto-dévorent.